Lundi 3 mai 2010
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Souvent, dans des articles ou livres sur les églises martiniquaises, il est écrit que les églises martiniquaises
se regroupent en 3 styles ou 3 types : Le style sobre, le style baroque, et le style rectangulaire. Or, si on prend un exemple concret, une église de style baroque peut être rectangulaire et
avoir un décor tout à fait sobre. Par conséquent un style ne se définit pas par un simple adjectif qualificatif ou une forme (forme carré ou rectangulaire).
En effet, selon Wilfred Koch, Dans comment reconnaître les styles architecturaux (Editions Solar, 1989, Gütersloh), le style architectural en art se caractérise par un nombre relativement facile
à déterminer (pour les spécialistes et amateurs) d'éléments qui à leur tour peuvent être définis avec une précision satisfaisante. A chaque époque, les maîtres d'œuvres ont toujours créé leurs
œuvres nouvelles en partant de ces éléments, les disposant à leur manière. Le tempérament, l’origine géographique et culturelle de chacun d’eux, les lois de la statique ont fait que les
architectes ou privilégiés, tel élément ou un autre. Ainsi s’explique, les différences d’aspect général des œuvres d’art d’une même époque.
Le style ne se définit pas par une
forme
S’il est vrai qu’à la Martinique, beaucoup d’églises n’ont pas un style architectural proprement définit, entrant dans les catégories des classements architecturaux occidentaux, on ne peut pas
définir le style d’une église seulement par sa forme. Il est impropre de dire qu’une église est de style rectangulaire. On doit dire par exemple qu’une église est d’un style éclectique avec des
influences romano-byzantines et de plan-masse (plan au sol) rectangulaire comme la cathédrale Saint-Louis de Fort-de-France (1895) de Pierre Henry Picq. Le style se définit donc également par son
contenu et son aspect.
La sobriété n'est pas un
style

La sobriété n’est pas non plus un style mais il peut servir à définir un style architectural existant. On peut dire qu’une église est de style colonial sobre (par la simplicité de son décor) par
exemple, tout comme on peut dire une église gothique dépouillée. Dans ce cas l’adjectif sert à définir un type d’églises à l’intérieur du style
Le style jésuite n'existe pas non
plus
On peut également lire que certaines églises martiniquaises sont de style jésuite. Pourtant le style jésuite
n'existe pas. Par contre la liturgie chrétienne et leur mode de vie leur ont inspiré une vision de l'organisation de leur espace de prière. En effet ,selon le site officiel des jésuites de la
province de France, la construction des églises de la Compagnie de Jésus, aux XVIIème et XVIIIème siècles, on relève un certain "air de parenté". Mais on le retrouve dans bien des monuments
catholiques marqués par la réforme inspirée par le concile de Trente. Il serait plus exact de parler d'un "projet jésuite" d'organisation de "l'espace". Ce projet est dicté par le mode
d'apostolat propre aux jésuites : prédication, conditions favorisant la prière, prise au sérieux de la Création et de la Majesté divine. Des influences diverses ont joué localement et la
Compagnie a su utiliser les moyens permettant d'atteindre son but (même si ces moyens ont été inventés par d'autres).
Eglise du bourg des Anses d'Arlet.
Eglise du Diamant.
Article et photos N'goala Raymonde©